Reims 2028 : une candidature mobilisatrice, mais pas de présélection

Reims 2028 : une candidature mobilisatrice, mais pas de présélection

Reims n’a pas été présélectionnée pour devenir capitale européenne de la culture en 2028. La ville avait pourtant porté une candidature ambitieuse sous la bannière Reims 2028. Après l’audition des neuf villes françaises candidates, le jury européen a retenu Bourges, Clermont-Ferrand, Montpellier et Rouen pour la suite de la compétition. Ce verdict met fin à la course de Reims au titre, sans effacer le travail mené avec les habitants, les institutions et les partenaires du territoire.

Le statut de Reims dans la compétition pour 2028

La candidature rémoise s’inscrivait dans la sélection française pour le titre de capitale européenne de la culture 2028. Reims figurait parmi les neuf villes auditionnées par le jury européen, aux côtés d’Amiens, Bastia, Bourges, Clermont-Ferrand, Montpellier, Nice, Rouen et Saint-Denis.

Infographie Reims capitale européenne de la culture 2028 : candidature non présélectionnée
Infographie Reims capitale européenne de la culture 2028 : candidature non présélectionnée

À l’issue de cette première étape, Reims n’a pas rejoint la liste courte. Le processus comportait plusieurs niveaux qu’il faut distinguer. Une ville pouvait d’abord déposer une candidature, puis être auditionnée par le jury. Elle pouvait ensuite être présélectionnée, avant de participer à la dernière phase menant à la désignation de la ville française appelée à porter le titre en 2028. Reims a franchi l’étape de l’audition, mais pas celle de la présélection.

Étape Ce qu’elle signifie Situation de Reims
Candidature Présentation d’un projet culturel et territorial devant le jury Reims a été candidate
Audition Examen du projet et échanges avec le jury européen Reims a été auditionnée
Présélection Sélection des villes autorisées à poursuivre la compétition Reims n’a pas été présélectionnée
Désignation finale Choix de la ville française appelée à porter le titre en 2028 Reims ne participait plus à cette phase

Cette distinction répond à la question la plus fréquente sur la candidature : Reims n’est pas devenue capitale européenne de la culture en 2028 et ne fait pas partie des villes encore en lice pour le choix français. Le jury européen a évalué les dossiers présentés lors de cette première sélection, puis a réduit le nombre de candidatures retenues.

Les quatre villes françaises restées en lice

Le jury européen a présélectionné Bourges, Clermont-Ferrand, Montpellier et Rouen. Ces quatre villes ont été invitées à approfondir leur dossier avant la décision finale concernant la ville française de 2028. La sélection ne repose donc pas sur la seule notoriété d’une ville. Elle porte sur un projet culturel, sa capacité de réalisation, son organisation et sa dimension européenne.

Les neuf villes auditionnées présentaient des approches différentes. Chacune devait expliquer sa programmation, la manière d’associer les habitants et les partenaires mobilisés autour de sa candidature. Le jury devait aussi apprécier la cohérence entre les ambitions annoncées et la capacité du territoire à les mettre en œuvre sur plusieurs années.

En 2028, le titre doit normalement être porté par deux villes européennes, dans les pays concernés par cette édition, dont la France et la Tchéquie. La sélection française s’inscrit donc dans un dispositif plus large que la seule compétition entre villes de l’Hexagone.

Pourquoi une non-présélection ne permet pas de conclure à un échec précis

Les motifs détaillés de la non-présélection de Reims n’ont pas été rendus publics dans les éléments disponibles. Il serait donc hasardeux d’attribuer la décision à un manque de budget, à un dossier insuffisant ou à une faiblesse particulière de l’offre culturelle locale. Aucun élément ne permet de retenir l’une de ces explications.

Le jury compare des propositions différentes, avec leur programmation, leur gouvernance, leur inscription territoriale et leur portée européenne. Une candidature peut être solide tout en ne figurant pas dans la liste courte. Le résultat indique que Reims n’a pas été retenue à cette étape, mais il ne fournit pas, à lui seul, une évaluation détaillée de chacun de ses équipements ou de ses acteurs culturels.

Ce que portait réellement le projet Reims 2028

Reims 2028 ne se limitait pas à une candidature institutionnelle. Le projet était présenté comme un projet de ville fédérateur, porté par l’association Reims 2028, la collectivité, des partenaires culturels et économiques, ainsi que de nombreux habitants. L’ambition consistait à renforcer le rayonnement de Reims et à faire de la culture un moyen de rencontre, d’éducation et de transformation du territoire.

Cette démarche associait donc plusieurs catégories d’acteurs. L’association contribuait à porter la candidature, tandis que la collectivité et les partenaires apportaient leur soutien au projet. Les habitants étaient également invités à participer à certaines étapes, notamment au choix du logo. La candidature cherchait ainsi à relier le fonctionnement des institutions à des initiatives accessibles au public.

Parmi les arguments avancés figurait notamment la gratuité provisoire des musées. Cette mesure devait élargir l’accès aux collections et faire de la culture une pratique plus régulière, plutôt qu’une sortie réservée à certains publics. Le projet ne se résumait pas à cette proposition : une centaine de projets avait été imaginée dans le cadre de Reims 2028, avec la perspective d’un déploiement au fil des années suivantes.

Une candidature comme caisse de résonance territoriale

Une candidature européenne peut produire des effets au-delà du résultat officiel. Elle met en relation des artistes, des écoles, des associations, des équipements, des entreprises et des habitants qui n’ont pas toujours l’occasion de travailler ensemble. Les réunions, les échanges et les projets préparés pour le dossier peuvent créer des habitudes de coopération appelées à se poursuivre.

Cette dynamique peut aussi faciliter l’accès à la culture. Des habitants découvrent des lieux ou des propositions qu’ils connaissaient peu, tandis que les partenaires identifient de nouvelles façons de travailler ensemble. L’effet d’une candidature ne se mesure donc pas uniquement au titre obtenu. Il dépend aussi des liens conservés, des projets réellement mis en œuvre et de la capacité à maintenir une participation locale.

La réaction locale, marquée par la déception, s’est accompagnée de l’idée que les initiatives engagées ne devaient pas disparaître avec la non-présélection. Pour Reims et le Grand Reims, l’enjeu consiste désormais à repérer les projets les plus mûrs, à conserver les partenariats actifs et à les inscrire dans une programmation culturelle durable. La candidature change de statut : elle ne conduit plus à une compétition, mais peut servir de base à des actions locales.

Le logo Reims 2028, symbole d’une participation très large

Le choix du logo officiel traduit concrètement la dimension participative de la candidature. Deux propositions avaient été conçues par des élèves du lycée Chagall de Reims, puis soumises au vote du public. Le modèle retenu a obtenu 50,3 % des suffrages, contre 49,7 % pour l’autre proposition. L’écart était donc très serré.

Le vote a été organisé en ligne, sur les réseaux sociaux et dans plusieurs lieux de la ville. Il a associé des internautes, des spectateurs, des résidents d’Ehpad, des détenus et des usagers des bibliothèques. Au stade Auguste-Delaune, 6 252 votants présents dans les tribunes ont également pris part au scrutin.

Ces modalités ont donné au logo une visibilité qui dépassait la communication habituelle d’une candidature. Le choix a circulé dans différents espaces de la ville et auprès de publics qui ne fréquentent pas nécessairement les mêmes lieux culturels. Le projet visuel est ainsi devenu un support concret pour faire connaître Reims 2028 et inviter les habitants à y prendre part.

Pourquoi ce vote compte au-delà du graphisme

Un logo peut sembler secondaire dans un projet culturel. Dans le cas de Reims 2028, son mode de sélection lui donne une portée plus large : il a offert aux habitants une manière simple d’entrer dans la candidature et de se prononcer sur son identité visuelle.

L’implication des élèves du lycée Chagall ajoute une dimension éducative. Elle relie création graphique, jeunesse et espace public, tout en donnant une place visible à un travail réalisé localement. Le vote a ensuite prolongé cette démarche en faisant participer des publics variés, dans des lieux et avec des outils différents.

Que peut-il rester de Reims 2028 après le verdict ?

La non-présélection clôt la course au titre, mais elle ne rend pas caducs les besoins auxquels le projet voulait répondre : accès à la culture, coopération entre communes, visibilité des créateurs et participation des publics. L’enjeu n’est pas de reproduire une candidature sans concours. Il consiste plutôt à transformer les idées déjà travaillées en actions réalistes, financées et suivies.

  • poursuivre les projets capables d’être déployés sans attendre un label européen ;
  • maintenir les partenariats entre institutions, associations, établissements scolaires et acteurs culturels ;
  • faire vivre les démarches participatives qui ont mobilisé des publics variés ;
  • valoriser les équipements, les artistes et les initiatives du territoire dans une programmation cohérente.

La centaine de projets imaginée dans le cadre de Reims 2028 ne constitue pas automatiquement un programme à venir. Leur poursuite dépendra des choix locaux, des partenariats conservés et des moyens mobilisés. Ce qui peut rester de la candidature devra donc être défini projet par projet, avec un suivi suffisamment concret pour distinguer les initiatives prêtes à avancer de celles qui resteront au stade de l’idée.

Pour suivre les initiatives culturelles portées localement, les habitants peuvent consulter les publications de la communauté urbaine du Grand Reims et de la Ville de Reims. La candidature Reims 2028 n’a pas abouti au titre espéré, mais elle a créé une mobilisation et des projets dont l’utilité dépendra désormais de leur poursuite effective.

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